Comment choisir une formation adaptée aux besoins de son établissement ?

Choisir une formation professionnelle ne consiste pas simplement à sélectionner un programme dont l’intitulé correspond au secteur d’activité. Les besoins varient selon l’organisation, les compétences déjà présentes, les risques rencontrés et les responsabilités confiées à chaque collaborateur. Une formation pertinente doit donc partir de la réalité de l’établissement afin d’apporter des connaissances directement applicables sur le terrain.

Commencer par identifier les besoins réels de l'établissement

Avant de comparer des programmes, il est nécessaire de comprendre précisément ce que l’établissement souhaite améliorer. Une entreprise confrontée à des difficultés concernant l’hygiène alimentaire n’aura pas les mêmes priorités qu’une organisation souhaitant structurer ses audits internes ou renforcer son management de la qualité. Cette première analyse évite de choisir une formation trop générale. Les besoins peuvent apparaître à la suite d’un changement d’activité, de l’arrivée de nouveaux collaborateurs ou d’une évolution des responsabilités. Ils peuvent également être identifiés lors d’un audit, d’une analyse des risques ou simplement à partir des difficultés rencontrées par les équipes. Dans tous les cas, le besoin doit être traduit en compétences concrètes à acquérir. Plusieurs questions permettent d'établir ce premier diagnostic :
  • quelles difficultés sont régulièrement rencontrées ?
  • quelles compétences doivent être renforcées ?
  • quels collaborateurs sont directement concernés ?
  • quelles procédures sont mal comprises ou mal appliquées ?
  • quels résultats l'établissement souhaite-t-il obtenir ?
Les réponses permettent de définir une priorité plutôt que d’accumuler des thèmes de formation. Une action ciblée sur un besoin clairement identifié peut être plus utile qu’un programme très large abordant superficiellement de nombreux sujets. Le choix commence donc par un diagnostic interne.

Choisir le contenu en fonction des risques et des activités

Le secteur d’activité constitue un deuxième critère essentiel. Dans l’agroalimentaire ou la restauration, les bonnes pratiques d’hygiène et l’analyse des risques HACCP peuvent par exemple occuper une place importante. D’autres entreprises seront davantage concernées par la santé et la sécurité au travail, l’environnement, la qualité ou la responsabilité sociétale. Les établissements souhaitant découvrir cette approche peuvent s’intéresser à des formations construites autour de différents domaines professionnels. IJCO propose notamment des interventions concernant les pratiques d’audit interne, l’analyse des risques HACCP, Food Defense et Food Fraud, ainsi que les bonnes pratiques d’hygiène. Des formations à la carte peuvent également être envisagées en fonction des besoins identifiés dans l’entreprise. La pertinence du contenu dépend donc de son lien avec les situations réellement rencontrées. Un programme très complet sur le papier peut être peu efficace s’il consacre l’essentiel du temps à des problématiques éloignées du quotidien des participants. Le choix doit rester centré sur les compétences qu’ils pourront effectivement mobiliser. Cette logique permet également de hiérarchiser les sujets. Certains besoins doivent être traités rapidement parce qu’ils concernent directement la maîtrise d’un risque ou le fonctionnement d’une procédure essentielle. D’autres peuvent être intégrés dans un programme de montée en compétences à plus long terme.

Tenir compte du niveau initial des participants

Deux collaborateurs exerçant dans le même établissement peuvent avoir des besoins de formation très différents. Un responsable qualité expérimenté possède déjà certains repères techniques, tandis qu’un nouvel arrivant peut avoir besoin de reprendre les fondamentaux. Proposer exactement le même contenu aux deux profils risque de ne satisfaire pleinement aucun d’entre eux. Le niveau initial doit donc être évalué avant de construire ou de sélectionner le programme. Cette évaluation peut reposer sur l’expérience professionnelle, les formations déjà suivies et les responsabilités exercées. Les difficultés observées dans le travail quotidien constituent également un indicateur utile. Il peut être pertinent de distinguer :
  • les collaborateurs débutants ;
  • les salariés ayant besoin d'une remise à niveau ;
  • les responsables chargés de superviser les procédures ;
  • les personnes devant développer une expertise particulière ;
  • les équipes confrontées à une nouvelle organisation.
Adapter le niveau favorise l’implication des participants. Une formation trop élémentaire peut rapidement devenir répétitive pour des professionnels expérimentés, tandis qu’un programme trop technique risque de perdre les débutants. Le bon niveau doit permettre d’apporter de nouvelles compétences sans rendre les contenus inutilement complexes.

Définir des objectifs concrets avant la formation

Une formation professionnelle doit répondre à un objectif plus précis que la simple volonté de « mieux connaître » un sujet. L’établissement peut souhaiter améliorer la réalisation des audits internes, réduire les erreurs dans certaines procédures ou rendre les collaborateurs plus autonomes. Ces résultats attendus orientent directement le contenu. Les objectifs doivent idéalement être formulés en termes d’actions ou de compétences. Savoir identifier un risque, appliquer une procédure ou réaliser un contrôle constitue un objectif plus exploitable qu’une formulation très générale. Le formateur peut alors organiser son intervention autour de situations concrètes. Cette méthode facilite également l’évaluation après la formation. L’établissement peut observer si les pratiques ont réellement évolué et si les participants utilisent les connaissances acquises. La formation devient ainsi une étape d’un processus d’amélioration plutôt qu’une action isolée. Les objectifs permettent enfin de déterminer les personnes qui doivent participer. Il n’est pas toujours nécessaire de former l’ensemble du personnel au même niveau. Certaines compétences peuvent concerner un groupe précis avant d’être transmises ou déclinées auprès du reste de l’équipe.

Privilégier des exemples proches des situations de travail

La théorie reste nécessaire pour comprendre certaines exigences ou méthodes, mais elle devient plus facilement assimilable lorsqu’elle est reliée au quotidien professionnel. Des exemples issus de situations concrètes permettent aux participants de comprendre comment utiliser les notions présentées. Ils facilitent également les échanges avec le formateur. Une formation en intra présente à ce titre un intérêt particulier. Elle peut être construite en tenant compte de l’organisation, du niveau de compétences et des besoins de l’établissement. Les participants travaillent alors sur des problématiques qu’ils reconnaissent plus facilement. Cette approche peut reposer sur plusieurs supports :
  • des études de cas ;
  • des exemples de procédures ;
  • des analyses de situations professionnelles ;
  • des exercices pratiques ;
  • des échanges autour des difficultés rencontrées.
La même logique s’applique à de nombreux apprentissages liés au travail. L’acquisition de gestes et postures au quotidien prend par exemple davantage de sens lorsqu’elle est reliée aux mouvements et aux contraintes réellement rencontrés dans l’activité. Une formation devient plus facilement mémorisable lorsque les participants comprennent immédiatement où utiliser les acquis.

Choisir entre formation standard et programme sur mesure

Une formation standardisée peut parfaitement répondre à un besoin lorsque le sujet est clairement défini et que les participants possèdent des profils relativement homogènes. Elle offre généralement un cadre pédagogique déjà structuré et permet d’aborder les notions fondamentales. Ce format convient notamment lorsqu’il existe un objectif commun facilement identifiable. Le sur-mesure devient particulièrement intéressant lorsque l’établissement présente des problématiques spécifiques. Une entreprise peut souhaiter travailler sur plusieurs sujets étroitement liés ou adapter les exemples à ses propres procédures. Le programme peut alors être construit à partir des besoins identifiés en amont. Avant de choisir, il est utile de comparer :
  • le degré de spécialisation nécessaire ;
  • le nombre de participants ;
  • l'hétérogénéité de leurs compétences ;
  • les situations propres à l'établissement ;
  • les résultats attendus après l'intervention.
Le choix ne doit pas être guidé uniquement par la quantité de contenu proposée. Un programme plus court mais précisément adapté peut produire davantage d’effets qu’une formation très dense. La pertinence dépend avant tout de la correspondance entre le contenu et les besoins.

Prévoir la mise en pratique après la formation

L’apprentissage ne s’arrête pas à la fin de la dernière séance. Les connaissances acquises doivent pouvoir être réutilisées rapidement afin de devenir de véritables compétences professionnelles. L’établissement a donc intérêt à prévoir en amont la manière dont les participants appliqueront les acquis. Cette mise en pratique peut passer par la modification d’une procédure, la réalisation d’un exercice ou la prise en charge progressive d’une nouvelle responsabilité. Un responsable peut également prévoir un temps d’échange quelques semaines après la formation. Les collaborateurs disposent alors d’une occasion de revenir sur les difficultés rencontrées. Il est également utile de mesurer les changements observés. Une meilleure qualité des enregistrements, une diminution de certaines erreurs ou une plus grande autonomie peuvent constituer des indicateurs. L’évaluation doit naturellement rester cohérente avec les objectifs définis avant la formation. Cette continuité renforce la valeur de l’investissement réalisé. Une formation ponctuelle peut apporter des connaissances, mais leur utilisation régulière permet réellement de faire évoluer les pratiques. L’établissement transforme alors l’apprentissage individuel en amélioration collective.

Conclusion

Choisir une formation adaptée à son établissement suppose d’abord d’identifier précisément les compétences à développer. Le secteur d’activité, les risques, le niveau des participants et les objectifs opérationnels permettent ensuite de sélectionner un contenu pertinent. Le format pédagogique doit également favoriser les exemples concrets et la mise en pratique. Une formation pertinente n’est donc pas nécessairement celle qui aborde le plus grand nombre de sujets. Elle est surtout celle qui répond à un besoin identifié et dont les acquis peuvent être appliqués dans l’organisation. En reliant diagnostic, formation et suivi des pratiques, l’établissement peut inscrire la montée en compétences dans une démarche durable d’amélioration.  

Laisser un commentaire Annuler la réponse